Partir de peu et arriver à quelque chose de grand. Il y a là une analogie à faire entre le quartier Saint-Henri, qui fait partie de l'arrondissement Sud-Ouest à Montréal, et un restaurant qui y a mis pied-à-terre, le Grumman 78 QG.

La vie de quartier à Montréal est bien vivante, et chaque quartier a sa propre personnalité. Dans cette série intitulée « la personnalité de Montréal », GuideHabitation.ca expose les différences de chaque quartier par la visite de restaurants qui y sont bien établis.

La personnalité de Montréal: le quartier Saint-Henri et le Grumman 78 QG

Grumman 78 est connu parce qu'il a été la mascotte des camions de bouffe de rue à Montréal. La Ville de Montréal interdisait les food trucks depuis 1947, et Grumman 78, entre autres, s'est chargé de faire changer d'idée aux élus municipaux.

Aussi, depuis septembre 2012, Grumman 78 a son restaurant en bonne et due forme, le quartier général Grumman 78. Celui-ci est situé dans un garage désaffecté bordé par un chemin de fer. Des plats éclectiques sont servis dans un endroit éclectique.

Gaëlle Cerf et Hilary McGown font partie des propriétaires du Grumman 78, camions et restaurant.

Comment définir ce qu'on mange, au Grumman?

"On a commencé avec les tacos, c'est clair, c'était le plat signature, explique Mme McCown. Mais au restaurant, on sert des plats un peu plus classiques, maintenant. On a des entrées, des quesadillas, des salades, du pain de maïs... Et c'est pas cher! Parfois on offre des produits de haute gamme, mais on s'efforce de garder une grande tranche de notre offre abordable et raisonnable. Même chose pour notre carte de vins, on a quelques bouteilles plus chères, mais on a plein de bouteilles abordables. On veut montrer au monde qu'il est possible de vraiment bien manger et de vraiment bien boire et que ça ne devrait pas être cher."

Du neuf avec du vieux

Le quartier Saint-Henri a longtemps été un des quartiers industriels les plus importants du Canada. Il a été oublié durant plusieurs années, pour renaître de ses cendres. Son historique est bien évident, on n'a qu'à voir la remarquable transformation qu'a subie l'usine Imperial Tobacco. L'usine du géant du tabac a été convertie en de merveilleux condos neufs. Et plusieurs autres sont présentement en construction.

Prendre du vieux et en faire du neuf, c'est ce qu'on fait les propriétaires de Grumman 78. Le restaurant, qui est aussi la cuisine de production de la flotte de food trucks du même nom, est un vieux garage reconverti en temple de la bouffe.

Le camion de bouffe de rue est venu en premier. Puis, "on savait qu'on devait avoir une cuisine de production, explique Mme Cerf. Et on est tombés sur une chance incroyable! C'était un entrepôt/garage où un monsieur faisait des toitures. C'était une dompe! Il y avait à peu près un pouce et demi de débris d'accumulé."

"On stationnait le camion à l'intérieur. On a torché pendant 3 mois. On a construit une cuisine."

Aujourd'hui, ce travail acharné rapporte. Le restaurant a récemment reçu les éloges de la critique culinaire de la Gazette.

Comment en est-on arrivé là?

"Le quartier nous a donné l'opportunité de le faire, explique Mme Cerf, mais aussi, on a mis de la vie dans un coin du quartier qui était complètement désert."

[fancygallery id="5" album="15"]

Des bouchées originales

Le QG de Grumman a une forme peu commune, et la bouffe qu'on y sert suit cette tendance. Elle peut être généreuse, éclectique, originale, luxueuse, surprenante.

La salade de tomates et de croutons au pain de maïs et posée, mais efficace. Chaque ingrédient a son mot à dire dans la symbiose. Puis, deux spéciaux du jour: un taco de flétan frit avec une salade de patates à l'ail et un taco de contrefilet de bœuf avec un guacamole au concombre. Le flétan est trop gros pour le taco, mais au risque d'en mettre partout, on mange avec les mains quand même, ça ajoute au plaisir de manger. La tranche de bœuf, elle aussi, a l'air démesurée: en la regardant, on se demande si on aura besoin d'un couteau. Mais non: en mangeant avec les doigts, en se servant de la tortilla comme véhicule, la grosse tranche se défait et fond dans la bouche, et le goût de bœuf rôti prend toute la place, et c'est tant mieux. La quesadilla de bourgots est extra-riche, les escargots semblent marinés et restent relativement tendres, et la pico de gallo qui coiffe le plat vient couper le gras de la crema. Un souper dans une ambiance unique et dans un quartier qui a tout à offrir.

La clientèle? De tous les âges, de toutes les provenances et de toutes les bourses. Un peu comme Saint-Henri.

 

Consultez nos autres critiques de restaurant.