Nos articles sur les villes les plus et les moins taxées ont soulevé les passions de certains de nos lecteurs. Outre la frustration habituelle envers le concept de taxation, certains ont souligné que les taux utilisés dans les articles ne comprennent pas toutes les variables de la facture finale.

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Comme nous l'avons clairement indiqué, nous avons utilisé un seul critère dans nos classements: le taux de taxation. Bien entendu, ce taux à lui seul ne donne pas le montant des taxes municipales qu'un propriétaire doit payer. Il faut multiplier ce taux par la valeur de la propriété... et parfois ajouter d'autres taxes récurrentes ou ponctuelles.

Voici une liste non exhaustive des raisons pour lesquelles chacun reçoit un compte de taxes différent.

1. La facture moyenne des citoyens n'est pas la même, malgré les palmarès.
Les taux de taxation foncière utilisés dans nos deux articles représentent le taux par 100 dollars d'évaluation. Il faut donc évidemment prendre compte de la valeur des habitations taxées.

Par exemple, la facture moyenne pour un propriétaire de maison unifamiliale à Blainville, en ne tenant compte que des données qui se trouvent dans nos palmarès, est de 1907,03$ par année, puisque la valeur moyenne des maisons unifamiliales dans cette municipalité est de 357 792$ et que le coût par 100 dollars d'évaluation est de 0,5330$.

À l'inverse, la facture moyenne d'un propriétaire de maison unifamiliale à Shawinigan serait de 2021,24$, puisque la valeur moyenne y est de 142 935$. Donc, malgré le fait que les maisons à Shawinigan valent en moyenne presque trois fois moins que celles situées à Blainville, les Shawiniganais se retrouvent tout de même avec une facture annuelle plus salée. Shawinigan est au deuxième rang des villes les plus dispendieuses par 100$ d'évaluation, à 1,4141$.

2. L'évaluation foncière est faite différemment d'une ville à l'autre.
Est-ce que l'effervescence du marché immobilier a une incidence sur le compte de taxes? Absolument. La valeur des maisons augmente rapidement lorsqu'elles changent de main fréquemment.

Il faut aussi tenir compte du fait que les municipalités sont responsables de tous les éléments: ce sont elles qui déterminent la valeur de votre maison ainsi que du taux de taxation. Lorsque certaines municipalités sont en manque de liquidités, elles ont les outils en main pour remédier à cette situation. Et parfois, les propriétaires ne sont pas d'accord! C'est ce qui est arrivé sur le Plateau-Mont-Royal en 2011 lorsque l'évaluation foncière avait bondi de 34,7 % en une année... et le compte de taxes a suivi!

3. Certaines villes incluent tout dans leur seule taxe, d'autres divisent.
D'une municipalité à l'autre, les règles changent. Est-ce que la taxe d'eau est incluse dans votre compte de taxes foncières? Et le service des égoûts? Est-ce qu'il y a une surcharge de la dette? Votre municipalité a-t-elle des frais connexes, vous demande-t-elle de contribuer plus pour la collecte des ordures ou du recyclage? Y a-t-il du compost, et est-ce un frais séparé?

4. Certaines villes ont des sources de revenu diversifiées.
Les revenus (et les dépenses) des municipalités varient en fonction de leur taille, de leur croissance, de leur niveau de développement industriel et commercial, etc. Cela vient bien sûr influencer leurs finances.

Par exemple, la ville de Montréal a un large réseau de parcomètres et ceux-ci rapportent de plus en plus à la Ville.  À l'opposée, à la Ville de Longueuil, les taxes foncières représentent 97 % des revenus de la ville!.

Diversifier ses sources de revenu, pour une municipalité, ça peut être compliqué.

5. Certaines villes ont des budgets plus ou moins balancés.
La dette combinée des municipalités est plus grande que celle du gouvernement québécois. Certaines villes ont des budgets plus débalancés que d'autres. Les méthodes de gestion et les idéaux des maires ont une incidence directe avec le compte de taxes. Alors que certaines municipalités se contentent de ramasser la neige l'hiver et de boucher les nids-de-poule, d'autres préfèrent avoir des dépenses plus diversifiées. C'est au choix!

6. Certaines villes utilisent les fonds publics pour des raisons plus éclectiques que d'autres.
On a beaucoup parlé des poursuites en justice intentées par la Ville de Saint-Lambert contre les festivals de musique au parc Jean-Drapeau, festivals qui sont à la fois moteurs économiques et symboles internationaux... de Montréal. Les payeurs de taxes de Saint-Lambert sont évidemment responsables des frais qui sont encourus par la ville dans ce litige.

À Saguenay, le maire Jean Tremblay s'est battu corps et âme contre l'abolition de la prière et a engagé l'argent de la Ville dans certaines de ces batailles juridiques. L'argent des contribuables a cependant rapidement cessé d'être utilisé ce litige.

Toutes les villes ont probablement un petit côté éclectique...

7. La taxe scolaire dépend... des commissions scolaires.
La taxe scolaire est un autre élément qui fait partie de la facture totale des propriétaires, mais qui ne fait pas partie des palmarès publiés sur Guide Habitation.

Les habitations qui se trouvent sur le territoire d'une certaine commission scolaire doivent payer la taxe scolaire. Cette taxe est aussi basée sur l'évaluation foncière, mais est perçue directement par les commissions. Cette situation est appelée à changer, selon le gouvernement.

Il peut être pertinent de savoir que les propriétaires peuvent, s'ils le veulent, choisir à quelle commission scolaire payer leur taxe.

Les augmentations récentes des taxes scolaires en ont fait bondir plus d'un et la grogne se fait sentir un peu partout au Québec. Le gouvernement Couillard trouve cette situation inacceptable et a même songé à mettre la Commission scolaire de Montréal sous tutelle ou même à abolir toutes les Commissions complètement.